

17 juil. 2025
À la demande de l’Unité du Bien-être animal de la Région wallonne, Le Rêve d’Aby est intervenu d’urgence à Cerfontaine ce jeudi 17 juillet pour prendre en charge deux animaux en situation critique : une brebis et une ânesse, livrées à elles-mêmes depuis un temps indéterminé. Le propriétaire est quant à lui à ce jour introuvable et injoignable.
Les animaux étaient totalement abandonnés sur un terrain, dans un état de souffrance manifeste. Leur apparence ne laissait aucun doute : ils n’étaient plus suivis, ni nourris correctement, ni soignés, et subissaient un abandon prolongé, assimilable à un acte de cruauté.
Une brebis prisonnière de sa propre toison
La brebis, renommée Jeanne par l’équipe du refuge, n’a jamais été tondue. Elle porte sur le dos une épaisse toison de près de 10 kg qui la handicape gravement. Elle ne parvient plus à se relever, tant le poids de sa laine la maintient au sol. Sa laine forme un cocon étouffant : un environnement propice à la prolifération des parasites, provoquant des démangeaisons extrêmes, des infections cutanées et une grande souffrance.
Elle suffoque littéralement sous cette couche de laine. La vétérinaire du refuge est attendue dans la journée pour évaluer son état général et détecter d’éventuelles complications articulaires.
Dès son arrivée au refuge jeudi soir, Jeanne a été immédiatement tondue par les soigneurs bénévoles du Rêve d’Aby, une opération délicate mais essentielle pour la soulager en urgence.
Une ânesse au dos brisé par des années d’exploitation
Aux côtés de Jeanne se trouve Alexine, une ânesse dans un état tout aussi préoccupant. Son dos est profondément creusé, signe d’une exploitation prolongée. Il est possible que cette déformation soit le résultat de lourdes charges portées à répétition, ou encore de multiples gestations. Quelle qu’en soit la cause, son corps porte les marques visibles d’une vie de négligence. Sa maigreur est alarmante, et elle souffre également d’un grave manque de soins aux sabots : ceux-ci sont excessivement longs et recourbés en forme de babouches, une condition douloureuse qui entrave sa mobilité.
Le refuge lance un protocole de soins adapté
Cette intervention a profondément marqué les membres du refuge. « Laisser une brebis s’effondrer sous le poids de sa propre toison, laisser une ânesse s’user le dos jusqu’à la déformation, sans eau, sans soins, sans rien… Ce sont des actes de maltraitance, qui provoquent des souffrances terribles, et que nous ne pouvons ni banaliser, ni tolérer. » s’exprime Sophie Locatelli, Présidente du Rêve d’Aby.
Jeanne et Alexine ont été accueillies avec tout le respect et la douceur que méritent les êtres blessés. Dès ce vendredi, l’équipe met en place un protocole de soins complet. La vétérinaire évaluera les séquelles, les douleurs chroniques et les possibilités de guérison.
Les bénévoles, eux, veillent déjà. Elles reçoivent désormais de la nourriture, de l’eau fraîche, des regards bienveillants, et le silence apaisant de ceux qui savent écouter sans brusquer.
Le Rêve d’Aby remercie grandement les inspecteurs vétérinaires de l’UBEA pour leur efficacité et leur rapidité d’intervention.






















