

3 juil. 2025
Ce jeudi 3 juillet 2025, l’Unité du Bien-être animal de la Région wallonne a ordonné une nouvelle saisie d’animaux dans la commune de Sambreville. Il y a un peu plus d’un an, une première intervention avait déjà permis de sauver une trentaine d’animaux de conditions de vie déplorables sur ce même site, parmi lesquels un cheval, un grand cochon Piétrain, des moutons et des chèvres.
Pour cette seconde opération, les refuges Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby, Help Animals, Au Bonheur Animal et Veeweyde refuge du Marais se sont à nouveau mobilisés pour prendre en charge la totalité des animaux sur place : quatre chevaux dont un poulain, un poney shetland, un mouton et plus d’une centaine d’animaux de basse-cour (poules, coqs, oies et canards).
Privation d’eau et insalubrité généralisée
À leur arrivée sur les lieux, les équipes des refuges découvrent une situation de négligence grave. Des poules et coqs sont enfermés dans de petits clapiers, sans eau ni nourriture, avec à peine l’espace pour se retourner.
Le déclencheur menant à la saisie est à lui seul accablant : les animaux présents n’avait pas accès à l’eau. À la vue des inspecteurs, les propriétaires se sont précipités pour remplir à la hâte quelques récipients, mais pour beaucoup d’animaux, il était déjà trop tard. L’odeur de putréfaction dans l’air trahit la présence de plusieurs cadavres, dont ceux de lapins enfermés et morts depuis plusieurs jours.
Du côté des équidés, le terrain est envahi de déchets et de bric-à-brac, avec peu ou pas d’herbe disponible. Les chevaux doivent cohabiter avec les encombrants, sur une parcelle exiguë et totalement inadaptée.
Le seul mouton présent sur place portait un collier autour du cou, auquel était attachée une chaîne de quelques centimètres. L’un de ses onglons s’est retrouvé coincé dans la chaîne, l’obligeant à se déplacer constamment sur trois pattes.
Une saisie sous haute tension
Malgré la présence de la police locale, les propriétaires se sont montrés particulièrement agressifs envers les équipes des refuges. D’abord moqueurs, ils se sont rapidement montrés menaçants, allant jusqu’à jeter des objets contre les véhicules et proférer insultes et menaces. Le groupe d’opposants à la saisie a rapidement grossi, obligeant les forces de l’ordre à intervenir pour sécuriser la zone. Soigneurs et bénévoles ont dû travailler dans un climat d’oppression et de tension constante. Grâce au calme et au sang-froid de chacun, tous les animaux ont néanmoins pu être récupérés et transportés en sécurité dans les différents refuges.
Des animaux affaiblis et déshydratés
Dès leur arrivée dans les sanctuaires, les animaux ont été abreuvés en urgence. Certains se sont jetés littéralement sur les abreuvoirs. Les chevaux présentent une maigreur notable, liée à un manque chronique de nourriture, même si leur état n’est heureusement pas encore critique. Le poulain et le jeune étalon, plus fragiles, montrent davantage de signes de faiblesse. Du côté des oiseaux, de nombreuses affections sont observées : cachexie, conjonctivites, lésions sur les pattes dues à la gale. Des examens vétérinaires approfondis sont en cours.
Un travail d’équipe soutenu par les autorités
Les associations Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby, Au Bonheur Animal, Help Animals et Veeweyde refuge du Marais remercient sincèrement les inspecteurs de l’UBEAW et les agents de police présents sur place pour leur soutien et leur professionnalisme. Leur présence a permis de contenir les tensions et de rappeler aux opposants le rôle des intervenants venus secourir les animaux. Grâce à cette coopération, les soins ont pu être prodigués rapidement aux nombreux rescapés.
Condamnation et destination finale
En ce qui concerne la destination finale des animaux, la décision revient au ministre Adrien Dolimont qui a deux mois pour confirmer, au vu de la gravité des faits, que les animaux seront confiés aux associations qu’ils ont rejointes.
L’Unité du Bien-être animal a dressé un procès-verbal pour infraction au Code Wallon du Bien-être animal. Les propriétaires pourront être poursuivis au pénal ou administrativement. Si le Parquet décide de prendre la main dans cette affaire, il pourra renvoyer les propriétaires devant le tribunal correctionnel. Celui-ci risque de 8 jours à 3 ans de prison et/ou une amende pouvant s’élever à 1 million d’euros. Si le Parquet ne poursuit pas, la main reviendra alors au fonctionnaire sanctionnateur qui pourra infliger une amende pouvant aller jusqu’à 100.000 euros, mais également un retrait de permis de détention d’animaux.


























