

25 févr. 2026
Le Rêve d’Aby, Animaux en Péril et Au Bonheur Animal, membre de la FeFRACAF (Fédération Francophone des Refuges pour Chevaux et Animaux de Ferme) annoncent que Diana Du Monceau sera renvoyée devant le tribunal correctionnel dans le cadre du dossier relatif à la saisie des 266 animaux intervenue le 20 décembre 2023, pour de graves faits de maltraitance animale.
La Chambre du Conseil du Tribunal de Première Instance du Brabant wallon a estimé qu’il existait des charges suffisantes justifiant le renvoi devant le tribunal correctionnel et l’ouverture d’un procès !
Cette décision constitue une avancée judiciaire majeure dans un dossier emblématique de maltraitance massive et répétée.
UNE SAISIE RECORD : PLUS DE 250 ANIMAUX SECOURUS !
Le 20 décembre 2023, une opération d’envergure exceptionnelle était menée afin de venir en aide à 266 animaux détenus dans des conditions dramatiques, dont une centaine d’équidés.
Les animaux vivaient dans des conditions apocalyptiques : laissés sans soins, livrés à eux-mêmes, certains à l’état quasi sauvage, d’autres confinés dans leurs excréments pour les plus petits. De nombreux cadavres ont été découverts sur place. Plusieurs animaux ont également succombé dans les jours ayant suivi l’intervention, en raison d’un état sanitaire catastrophique et d’une dénutrition avancée.
Dès l’aube, les équipes des refuges se sont mobilisées pour secourir les animaux, les examiner et les charger un à un dans les véhicules adaptés. La nuit est tombée, il est 22h, mais les dizaines de soigneurs et de bénévoles ont poursuivi sans relâche leur mission.
NOS RESCAPÉS
Le Rêve d’Aby a pris en charge huit équidés et quatre chèvres.
Parmi les caprins se trouve Trinita. Terriblement traumatisée, elle porte aussi les marques visibles d’un long manque de soins. Elle n’a plus que trois pattes : l’une d’elles a dû être amputée à la suite des morsures des chiens présents sur les lieux. Elle a également perdu une corne, dont la base a littéralement pourri, révélant des carences sévères et prolongées. Son état témoigne d’une négligence profonde.
Chez les équidés, l’image de Dino restera à jamais gravée dans nos mémoires. Lorsque nous l’avons découvert, le mulet était couché, inerte, indifférent à l’agitation autour de lui. Son évacuation vers la clinique vétérinaire s’est imposée comme une urgence absolue. Malgré trois jours d’hospitalisation et des soins intensifs, son corps, trop affaibli, n’a pas résisté. La négligence a laissé des ravages irréversibles. Une infestation massive de parasites internes a progressé jusqu’à envahir son abdomen et ses voies respiratoires. Dino a été dévoré de l’intérieur.
Peu après, Daisy, une jeune ponette, a elle aussi été admise en clinique avec un pronostic vital engagé. Son hospitalisation a duré plus d’un mois. Les examens ont révélé une infestation avancée de vers, une pneumonie sévère ainsi qu’un épanchement pulmonaire. L’atteinte grave rappelle douloureusement la situation de Dino.
Mais Daisy s’est battue. Grâce aux soins intensifs, au suivi vétérinaire rigoureux et à sa propre résistance, elle a progressivement repris des forces. Contre toute attente, elle s’en est sortie.
UNE SITUATION RÉCIDIVE
La prévenue est connue de longue date des services de contrôle du Bien-Être Animal et des refuges pour des faits similaires. Par le passé, plusieurs saisies avaient déjà eu lieu, notamment concernant des chiens et des équidés.
Elle a comparu à différentes reprises devant les juridictions répressives sans qu’une interdiction définitive de détention d’animaux ne soit prononcée. Pendant des années, la situation n’a fait qu’empirer, avec une augmentation exponentielle du nombre d’animaux détenus.
En 2021, Diana Du Monceau avait été condamnée au paiement des frais liés aux soins et à l’hébergement des animaux saisis en 2018. Ces frais s’élevaient à plus de 50 000 euros pour l’ensemble des refuges concernés.
LES REFUGES SE CONSTITUENT PARTIE CIVILE : UN ENGAGEMENT FORT
Dans le cadre de cette procédure, Au Bonheur Animal, Le Rêve d’Aby et Animaux en Péril se sont constitués partie civile.
Cette démarche signifie que les refuges ne sont pas de simples témoins des faits, mais des acteurs directement lésés qui demandent réparation du préjudice subi. En se constituant partie civile, ils participent activement à la procédure pénale, ont accès au dossier et peuvent faire valoir leurs arguments devant le tribunal.
Cette constitution permet également de réclamer le remboursement des frais considérables engagés pour les soins vétérinaires, l’alimentation, l’hébergement et la réhabilitation des animaux. Mais au-delà de l’aspect financier, cette démarche vise à faire cesser un cycle de récidives où les mêmes situations se répètent et où les refuges doivent continuellement assumer.
Les refuges entendent défendre les intérêts des animaux victimes, faire reconnaître la gravité des faits et contribuer à ce qu’une décision forte soit rendue. Il ne s’agit pas seulement d’un dossier, mais de centaines de vies brisées qui méritent justice.
LE RÔLE DETERMINANT DES REFUGES
Sans le travail acharné des refuges, aucune saisie ne serait possible. Ce sont leurs signalements, leur expertise de terrain et leur capacité logistique qui permettent concrètement aux autorités d’agir.
Les structures ont littéralement poussé les murs pour accueillir ces animaux blessés, malades et affamés. Des mois durant, ils ont bénéficié de soins vétérinaires intensifs, d’une alimentation adaptée, d’une rééducation comportementale et d’un encadrement quotidien.
Aujourd’hui encore, une partie de ces animaux est toujours hébergée et prise en charge dans les refuges. D’autres ont enfin connu le bonheur d’une adoption responsable et d’une vie en famille, loin de la souffrance et de la négligence.
UNE ATTENTE FORTE VIS-À-VIS DE LA JUSTICE
Au vu des éléments du dossier et des charges retenues, un procès pénal aura lieu. Animaux en Péril, Le Rêve d’Aby et Au Bonheur Animal souhaitent que la justice puisse pleinement exercer son rôle et prononcer une condamnation ferme, proportionnée à la gravité des faits et à leur caractère répétitif.
Dino n’a pas survécu aux négligences qu’il a subies. Daisy, elle, s’est battue pour vivre et a survécu de justesse. Derrière leurs noms, il y a des souffrances réelles, prolongées, évitables. Et ils ne sont pas des cas isolés : des centaines d’animaux ont payé le prix de manquements graves et répétés.
L’objectif est clair : mettre définitivement hors d’état de nuire une personne dont les agissements ont causé des souffrances considérables à des centaines d’animaux. Pour Dino. Pour Daisy. Pour Trinita. Pour tous les autres.





