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[ Adieu Willem ]

July 29, 2017

Publié par

 

Je m’appelais Willem. J’avais 20 ans.

 

Je suis arrivé au Rêve d'Aby en mai 2016 suite à une nouvelle saisie chez le marchand d’Ogy. J’avais été abandonné là-bas comme un déchet contre quelques euros parce que j’étais blessé, boiteux du postérieur. Je ne servais plus à rien. Chez ce marchand de chevaux d’abattoir, j’ai été enfermé dans une stabulation immonde, avec d’autres chevaux aussi miséreux que moi. Mon état a empiré.

 

A mon arrivée au Rêve d'Aby, Pauline, la vétérinaire, n’était pas très optimiste. Mais à la surprise de tout le monde, j’arrivais encore à galoper malgré le morceau d’articulation que j’avais en moins et les lésions aux postérieurs. Je m’étais adapté, je trottais et je galopais à ma façon. J’avais appris à compenser et à vivre avec.

 

J’étais fusionnel avec mes copines de galère, Volka et Nougatine et j’entendais dire que j’étais le plus gentil des chevaux. Calme, respectueux, et puis surtout, très courageux.

 

En juillet 2016, nous avons tous déménagé à Beuzet, je me suis tout de suite acclimaté à ce nouveau paradis. J’ai repris du poids et j’étais en forme. L’hiver qui a suivi a été un peu plus compliqué, avec des hauts et des bas. J’ai perdu un peu de poids et j’étais suivi de près pour calmer mes douleurs.

 

Un an après mon arrivée, le maréchal ferrant n’arrivait plus à faire mes postérieurs malgré toute sa bonne volonté. Les semaines qui ont suivi ont été plus difficiles, j’avais envie de me battre mais je tombais parfois dans mon box. Mon corps commençait à lâcher, malgré tous les soins et tout l’amour dont j’étais entouré.

 

Les humains qui s’occupaient de moi ont pris la déchirante décision de me laisser partir, rejoindre mon amie Ilona qui faisait elle aussi partie de la saisie d’Ogy. Le 24 juillet 2017, ils sont restés à mes côtés jusqu’à mon dernier souffle. Mes copains de prairie ont pu venir me dire au revoir. 
_________________________________________

 

Il s’appelait Willem. Il avait 20 ans. Et pendant des années, il a servi des humains, il leur a été fidèle, il a flatté leur ego, il a été docile. Tout ça pour se retrouver chez un marchand de chevaux d’abattoir.

 

Un cheval n'est pas un objet que l'on exploite, que l'on monte, que l'on utilise en poney club ou manège et que l'on oublie une fois trop vieux, accidenté ou handicapé. Un cheval est un compagnon de vie, un ami, un être sensible qui mérite qu'on le respecte pour ce qu'il est et pas seulement pour ce qu'il peut donner.

 

Peut-être que Willem a été aimé. Peut-être que la vie a fait que ses propriétaires doivent s’en séparer... De nombreux propriétaires de chevaux pensent avoir trouvé la famille idéale pour leur cheval. Ils ont des nouvelles au début puis n’en ont plus, ils apprennent que le cheval a été donné à quelqu’un d’autre et ils finissent par perdre sa trace. Ils le retrouvent des années plus tard, maigre, malade, prêt à être envoyé à la boucherie, même s’ils ont pris le soin de le sortir de la filière abattoir.

 

De nombreux chevaux arrivés chez nous ont eu un parcours de vie chaotique, abandonnés et achetés plusieurs fois, tombant dans des mains irrespectueuses, finissant chez des marchands peu scrupuleux… La seule manière de s’assurer que son cheval va avoir une belle vie jusqu’à la fin, c’est de ne pas l’abandonner. C’est le seul et l’unique moyen.

 

Nous avons des dizaines de demandes d’abandons auxquelles nous ne pouvons donner suite, parce que nos murs et nos finances ne sont pas extensibles et parce qu’en tant que refuge nous devons garder de la place pour les situations d’urgence et les saisies.

 

Notre rôle est de sensibiliser à la problématique, en souvenir de Willem, d’Ilona, et de tous les autres chevaux qui attendent encore aujourd’hui leur sort funeste chez les marchands d'abattoir, dont le marchand d’Ogy, et tous les autres, oubliés au fond d'une prairie, cachés des regards, non soignés, non respectés pour ce qu'ils sont, des êtres vivants d'une sensibilité extrême.
_________________________________________

 

Il s’appelait Willem. Il avait 20 ans. Et nous n’oublierons jamais ce gentil cheval qui a fait chavirer le cœur de notre équipe et de ses marraines que nous remercions pour leur soutien.

 

 

 

 

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