Manu, bénévole équipe Communication

 

Depuis que je suis gamine, je mange de la viande et je bois (beaucoup trop) de lait. J'ai toujours adoré cela, d'aussi loin que je me souvienne. J'étais d'ailleurs réputée parmi mes amis pour préparer de délicieux gueuletons dans la pure tradition de la cuisine à base de produits d'origine animale: j'ai toujours vu cuisiner comme cela, pourquoi donc faire autrement ?


Pour autant, je n'ai jamais voulu cuisiner ni manger de lapin ou du cheval, car c'est trop mignon, les pauvres ! Spécisme complet qui me fait doucement sourire avec le recul. Il m'est ensuite apparu problématique de consommer du foie gras. Les vidéos de gavage avaient mis fin au plaisir gustatif. Le homard et les cuisses de grenouilles étaient logés à même enseigne, vu la souffrance que leur dégustation impliquait pour les animaux.  
Depuis que je suis gamine, je suis une passionnée d'animaux domestiques ou sauvages. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu œuvrer pour leur venir en aide en soutenant diverses associations de protection des animaux et de l'environnement.

 

En 2011, j'ai sauté le pas et j'ai débarqué dans le monde de la protection animale en commençant à faire du bénévolat chez Sans Collier, refuge pour chiens et chats – j'y œuvre encore, d'ailleurs. C'est par ce biais-là que j'ai rencontré Sophie, Présidente du Rêve d'Aby. Elle aidait alors régulièrement l'association. Un jour, elle m'a parlé de son projet de création d'une ASBL de protection… Des animaux de ferme. J'ai immédiatement adhéré à l'idée...  Après tout, cela coulait de source, non ? Pourquoi sauver des chiens et chats et ne pas en faire de même avec les animaux dits "de rente" qui, apparemment, souffraient tout autant, voire plus ?  L'évidence était là.

Nos discussions à ce sujet m'ont fait commencer à réfléchir, à me documenter et à remettre en question mes habitudes alimentaires. J'ai d'abord diminué ma consommation de viande. Puis j'ai voulu consommer très peu et "plus éthique" en me rendant dans des élevages respectueux des animaux, où l'on peut les apercevoir vivre paisiblement, loin des conditions inhumaines de l'élevage industriel. Cette dernière expérience a terminé de me convaincre: voir ces vaches tranquilles dans leur pâture et voir l'échoppe du boucher dans la foulée m'a fait l'effet d'un électrochoc : comment donc l'esprit humain est-il capable de se voiler la face à ce point en se disant qu'il consomme "de l'entrecôte", "du steak", "du lard"… Sans pour autant faire le lien avec la bête vivante qui n'a rien fait pour mériter de finir dans notre assiette ? Comment peut-on éluder l'existence du passage à l'abattoir entre l'étape "vache paisible" et "bon steak savoureux" ? Comment peut-on considérer que ces êtres vivants-là ne méritent pas un meilleur sort que celui que notre société leur réserve ? Seraient-ce des sous-espèces moins évoluées ? Qu'en savons-nous, au fond ? Nous ne connaissons que bien peu de choses (voire rien, en fait) de leurs facultés cognitives.

 

C'était décidé. Plus de viande pour moi…et je continuais rapidement sur ma lancée en testant les différents laits végétaux qu'offre la nature, après avoir découvert le calvaire que vivent les vaches laitières. Depuis, j'ai à cœur d'informer mon entourage de la condition misérable que notre société réserve aux animaux de rente et de faire découvrir les alternatives végétales qui peuvent aisément les remplacer.
 

Depuis, les gueuletons à la maison se font toujours, mais sans matières animales (parfois quelques œufs des poules du jardin, je dois le confesser, pour les hôtes les plus réfractaires)… Et les amis sont toujours ravis de découvrir de nouvelles choses ! Certains ont même modifié leurs pratiques alimentaires !
 

En parallèle à ma réflexion personnelle, je soutenais l'ASBL lors de ses Portes Ouvertes.


En 2016, j'ai sauté le pas et j'ai décidé de devenir bénévole pour Le Rêve d'Aby, du côté administratif, afin d'aider à faire changer les mentalités, complètement convaincue par la philosophie positive de l'ASBL en matière de sensibilisation.